Comment ça t’es pas allé voir Black Swan ???

En ce moment au ciné, vous avez durement pu y échapper. Black Swan, par les yeux d’une divine Nathalie Portman, vous regarde de son regard noir. Je l’ai vu la semaine dernière et je voulais partager avec vous mon avis.

En France, on a droit au visage craquelé, certes sublime, de l’actrice, mais je trouve aussi le poster UK très réussi, rappelant évidemment le cygne noir qui s’empare de la ballerine /

Black Swan, traduit par « Le Cygne Noir », est un thriller psychologique Américain, réalisé par Darren Aronofsky, à qui l’on doit notamment Requiem For A Dream, donnant déjà le ton.
Il est sortie en salles aux Etats-Unis depuis le 1er Décembre 2010, et est arrivé en France le 9 février 2011.

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Au prestigieux New York City Ballet, Nina Seyers (Nathalie Portman) est l’une des plus douées mais aussi l’une des plus anciennes danseuses, comme ne manque pas de lui rappeler sa mère, Erica, qui a elle même laissé derrière elle une carrière de ballerine.

L’exigent directeur artistique de l’école, Thomas Leroy, (Vincent Cassel), annonce que la saison commencera avec le célèbre ballet du Lac des Cygnes, pour lequel il veut trouver un nouveau visage à offrir au public. C’est donc l’étoile Beth Macintyre, (Winona Ryder) qui doit être remplacée. Et ce n’est pas sans colère que celle-ci voit Nina Seyers accéder au rôle le plus prisé de la compagnie, la Reine des Cygnes, soit le rôle principal.

Le Lac des Cygnes est un ballet en quatre actes, joué sur la musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski (Opus 20) et un livret de Vladimir Begichev. Il est inspiré d’une légende Allemande, selon laquelle une jeune femme se retrouve ensorcelée, transformée en cygne blanc et dont seul l’amour pourra rompre le charme. Alors qu’elle tombe amoureuse d’un beau prince, sa jumelle maléfique, le cygne noir, lui vole son amour. Et, desespérée, la jeune femme se tue. La place de la musique dans ce film est importante, sans pour autant jouer les grands trombones toutes les cinq minutes.

Nina accède donc au plus beau rôle de sa carrière, qui fera d’elle une vraie étoile, mais il s’avère vite être à double tranchant. Elle se doit d’incarner à la perfection le Cygne blanc, et le Cygne noir. Belle, fragile, gracieuse, délicate, Nina est parfaite dans le rôle du Cygne blanc, mais le Cygne noir lui demande beaucoup plus de travail, puisqu’il représente la ruse, la désinvolture, bref, un naturel que Nina a du mal a exprimer, tant son obsession pour la maîtrise de la technique la rend « raide ». Et Leroy ne manque pas de la faire travailler dur pour lui apprendre à « se lâcher ». Et c’est justement ce cygne noir qu’incarnerait à la perfection la nouvelle arrivante, Lily, (Mila Kunis) qui va donner beaucoup de fil à retordre à la jeune danseuse.

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C’est très vite que la nouvelle danseuse, Lily, dans laquelle Nina appercoit souvent son propre reflet tant elle lui ressemble physiquement, va troubler le quotidien de la danseuse. Plus à l’aise, plus « vivante », elle attire vite les faveurs du groupe, et surtout de Leroy. Cette jeune danseuse va donc mettre plus la pression à Nina, avec qui elle va pourtant lier une sorte d’amitié perverse, malsaine, puisque Lily tente dès que possible de mettre des bâtons dans les roues de la reine des Cygnes, d’autant qu’elle s’avèrera être sa doublure. Lily tente en effet comme elle peu de trouver un remède à cette vie « coincée » que mène Nina, une vie orchestrée par sa mère.

Travail acharné, visions terrifiantes et de plus en plus nombreuses, pression insoutenable, nous assistons tout le long de ce thriller à la descente aux enfers de la jeune femme, qui découvre au fil des jours son côté sombre, son « Cygne noir », sulfureux et destructeur.

La jeune danseuse arrivera t’elle à affronter ses démons, résister à la pression et surtout, à incarner à la perfection les deux cygnes du ballet ?

Une mère despotique, une chambre digne d’une enfant de 6 ans, une passion pour la danse qui la ronge, l’accès à un rôle envié par les danseuses du monde entier, une rivale fascinante, un amour difficile pour le manipulateur directeur, et enfin une timidité extraordinaire, à croire que Nina concentre tous les ingrédients nécessaires à la naissance de troubles psychologiques, dont on est très vite témoins dans le film. Et ce sont de belles scènes d’horreur auxquelles on assiste parfois, et qui ont supris plus d’un, mais dont il faut être averti, sous peine de se perdre dans le film.

Ce qui fait de Black Swan un film extraordinairement sombre et stressant, c’est surtout la personnalité de Nina Seyers, qui, dès les premiers instants du film, apparait clairement. Elle apperçoit constamment son double, elle se voit également par moment en la personne de Lily, et d’autres visions des moins réjouissantes, pour ne rien révéler. Si rien n’est dit dans le film, on devine pourtant que Nina souffre de schizophrénie. Je ne peux pas en dire beaucoup pour ne rien dévoiler, mais comme il est dit dans le film, il se pourrait bien qu’elle soit sa seule et unique ennemie.

De la danse à la vie de Nina, il n’y a pour ainsi dire aucun pas. Alors qu’elle incarne à la perfection le cygne blanc, sa seule réalité devient peu à peu celle du cygne noir. Le parralèle entre la légende et ce que vie Nina est clairement établie puisque la jeune femme se voit revivre des instants similaires à cette histoire lugubre, dont elle avoue trouver la fin « très belle ». Sa passion pour la danse devient sa réelle folie, son unique enjeu vital devenant le rôle.

Il faudra avouer que Natalie Portman est réellement surprenante dans ce rôle, où elle a enfin l’occasion d’exprimer son art. Si jouer une danseuse schizophrène n’est déjà pas donné à tout le monde, l’actrice s’est également entrainé plusieurs heures pas jour afin de réaliser au mieux possible les différents pas de danse qu’exige le tournage. Oui, je dis au mieux, parce-que même si je ne suis pas danseuse étoile, on peut voir par ci par là quelques maladresses… Et au final, même si je défend que Black Swan n’est pas un film de danse, on est assez frustrés que lors des scènes de danse, la caméra tourne autant en gros plan, réduisant ainsi la vue d’ensemble des jolis pas… mais au final, ces plans tourbillonants, serrés, angoissants, nous donne encore plus l’impression de malaise, de stress que ressent Nina.

Jeune, l’actrice avait déjà pris des cours de danse, et on lui reconnait sans aucun doute la grâce et la classe d’une danseuse. L’actrice s’illustre selon moi dans le plus beau rôle de sa carrière… et pour les traumatisés de la schizophrène, ils pourront toujours aller se réconforter en allant la voir dans Sex Friends, mais c’est une autre histoire…

Bref, l’erreur considérable à commetre serait d’aller voir Black Swan avec dans l’idée d’aller voir un film sur la danse, ou pire, un film sur le dur quotidien des danseuses étoiles . Vous en seriez non seulement déçus, mais vous passeriez surtout à côté du film. J’ai vécu ces impressions lorsque je suis allée le voir, entendant dans le fond de la salle des « mais qu’est-ce que c’est que ce film ?? » ou « je ne savais pas du tout que ca ferait peur comme ça ! »
Beaucoup de ceux avec qui je suis allée le voir n’ont pas aimé. J’ai adoré. Simplement parce-que dans son genre, c’est à dire le thriller psychologique, on a pas fait mieux depuis quelques temps déjà. Nathalie Portman est sublime, joue des scènes qu’il faut vraiment oser, et le reste du casting n’est pas moins bon. On attend les oscars avec impatience. A savoir qu’elle a déjà remporté un deuxième Golden Globe en 2011 dans la catégorie meilleure actrice dans un film dramatique pour le rôle de Nina.

Audrey B §

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